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Le dilemne des Caraïbes

“Ah, j’aimerais vivre dans les Caraïbes plutôt qu’ici où il n’y a pas d’été”, “Si seulement j’étais un manager plutôt qu’un employé, je pourrais faire une vraie différence”, “On a un diner avec ma famille au grand complet ce soir, mais demain ce sera plus facile de le quitter”. Nous n’arrêtons pas de faire des plans sur comment, sous certaines conditions, les choses seront différentes pour que nous puissions enfin devenir ou avoir ce que nous désirons. Et c’est noble dans le sens où cela nous donne des objectifs à atteindre mais…est-ce que vous connaissez quelqu’un qui vit dans les Caraïbes…?

Rappelez-vous, l’autre jour, nous parlions du fait que se raccrocher aux situations précédentes créait une scission en nous, entre ce que nous avions avant et ce que nous avons maintenant: c’est exactement la même chose avec les changements que nous choisissons. A une grosse différence près: quand quelque chose nous arrive soudainement, nous n’avons pas le choix que d’y faire face, mais nous manquons de cette poussée d’encouragement lorsque rien ne nous oblige à faire quoi que ce soit. Nous avons des rêves, des rêves dont nous sommes persuadés qu’ils nous rendront heureux, mais lorsqu’arrive le moment de les réaliser, nous ne sommes souvent pas prêt à franchir une des étapes essentielles: abandonner notre ancien nous.

Car il y a un secret que personne ne vous dit à propos du changement: vous ne pouvez pas changer si vous n’abandonnez pas ce que vous étiez avant. Vous ne pouvez pas empiler les situations, vous ne pouvez pas vivre dans deux endroits à la fois, vous ne pouvez pas être employé et manager en même temps, vous ne pouvez pas être célibataire et en couple. Vous devez terminer votre situation actuelle pour pouvoir en créer une nouvelle. De votre propre initiative…

Réfléchissez-y un instant: si nous voulions vraiment déménager aux Caraïbes, nous savons que nous devrions laisser notre maison, notre travail, notre famille. Si nous ne sommes pas encore complètement effrayés par cette idée et que nous regardons de plus près à quoi cela ressemblerait en détail, nous réaliserions probablement qu’il nous faudrait abandonner notre façon de vivre à l’Occidentale, nos critères de vie, de nourriture, et, si nous choisissons un projet du genre “vivre sur une ile isolée”, reconsidérer l’idée même de ce qu’est pour nous vivre et se connecter, loin des téléphones, d’internet, être prêt à interagir avec très peu de personnes et n’avoir personne en face que soi-même au quotidien. Si nous partons sur ce genre de projet avec notre ancienne façon de voir les choses et notre ancien soi, nous allons continuer à essayer d’appliquer notre ancienne façon de vivre sur la nouvelle, ce qui a de fortes chances de ne pas marcher– à moins, bien sûr, que nous essayons de reproduire les mêmes situations à nouveau…

Comprenez-moi bien, il ne s’agit pas d’abandonner tout et tout le monde au passage mais de savoir quoi garder avec nous, en se posant cette question très simple: est-ce que cela me rend service? Ces périodes de changement sont un excellent moyen d’évaluer tout ce que nous avons autour de nous et vraiment, honnêtement nous demander: est-ce que cela est important pour moi? Est-ce que cela me rend heureux? Est-ce quelque chose avec lequel j’ai envie de démarrer ma nouvelle vie? Est-ce que cela correspond à qui je veux être dans ce nouveau futur que j’essaye d’atteindre? Vous seriez surpris de constater combien tellement de choses peuvent rapidement perdre leur importance quand on les évalue de cette façon.

J’ai suivi ce procédé moi-même plusieurs fois dans ma vie et je ne peux pas vous dire combien cela a été libérateur et m’a fait sentir en charge de ma vie. En réduisant ce qui et ceux qui avaient de l’importance dans ma vie, j’ai commencé à focaliser mon temps et mon énergie dans ce qui était vraiment important pour mon moi intérieur. Consciemment et en ouvrant mon coeur, ce qui ne laisse aucune place pour le ressentiment ou le regret. Même si j’ai toujours trouvé que cela est l’une des parties les plus perturbantes du changement, je commence à croire que c’est de cette façon que l’on mesure vraiment combien notre vie change: ce n’est pas à propos de combien de nouvelles choses vous avez créé mais de combien vous avez laissé derrière vous au passage.

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